A l'affiche

Così fan tutte

Wolfgang Amadeus Mozart

Funeste tentation que de vouloir rechercher la vérité en amour. Femmes et hommes se brûlent le coeur et les ailes à vouloir connaître le code secret des sentiments. Perversité et cruauté détrônent alors vite désir et tendresse… Mozart dialogue ici avec Marivaux et Sade. Comme dans ses oeuvres lyriques antérieures, il réussit à produire une remarquable tension, une articulation extraordinaire entre le texte (sa troisième collaboration avec Da Ponte) et la musique d’une beauté stupéfiante. Michael Haneke, l’un des cinéastes les plus percutants et incisifs de notre temps, nous propose sa vision d’une oeuvre ensorcelante, grave, complexe, légère par moments, formidablement contemporaine, où l’expérience de l’infidélité transforme les quatre personnages en mettant à nu leur fragilité. Le réalisateur autrichien fait à cette occasion ses débuts à la Monnaie alors que Ludovic Morlot y dirige son deuxième opéra de la saison.

Du 23 mai au 23 juin à La Monnaie

Plus d'infos : 

http://www.lamonnaie.be


 

 

 

 

 

 

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Teatro alla Scala – Oberto conte di San Bonifacio de Verdi.
Bien que des traces d’actions scéniques unies à la musique se rencontrent déjà dans l’antiquité, l’opéra, tel qu’on le conçoit aujourd’hui, date de trois siècles environ. De toute évidence il y a de la poussière et si d’un côté il faut garder le maximum de respect pour ce que l’auteur a créé, parfois il est positif de considérer l’œuvre d’un regard attentif :il est bien d’essayer de cueilli le message qui nous est parvenu et d’en comparer l’essence avec le présent. Parfois on doit constater que telle situation, tel drame n’ont pas vieilli, sont, seraient encore possibles. Dans ces cas on parle de « classiques », résistant au temps.
Teatro alla Scala - MACBETH de Verdi.
Cette saison des bicentenaires se poursuit avec une nouvelle production de ce chef-d’œuvre, dans la première version de 1847 (la version de1865, révisée pour Paris, en français, étant désormais la version courante, mais en langue italienne). C’est une bonne occasion pour réécouter l’idée première de Verdi : mais alors pourquoi, par exemple, insérer l’air de la Lady « La luce langue » qui fait partie de la version 1865 ? Et les chœurs aussi… Les décors, fixes, profitent d’éléments mobiles, aptes à suggérer les lieux évoqués dans la partition et à les créer rapidement-. Décors, signés par Giorgio Barberio Corsetti et Cristian Taraborrelli, fonctionnels, s’ imposant avec discretion, évoquant les moments de guerre et de paix. Plus compliquée l’idée des costumes, par Cristian Taraborrelli et Angela Buscemi, qui mélent plusieurs époques, milieux, états sociaux, symboles, en pleine liberté. Dans ces structures Giorgio Barberio Corsetti, responsable de la mise-en-scène, a fait agir les personnages de la tragédie shakespearienne, devenue aussi tragédie d’aujourd’hui et de tous les temps. Pour citer un exemple, Banco essaie de se protéger et de se défendre de ses assassins avec sa serviette.
Teatro alla Scala – Cuore di cane (Coeur de chien) d’Alexandre Raskatov.
La lutte de l’homme pour l’emporter sur la condition humaine, c’est.-à-dire sur les limites qu’elle lui impose, ainsi que contre la bureaucratie, véritable guerre contre la stupidité, est bien connue. On dirait donc que cette « véritable » nouveauté fait partie des thèmes classiques, chers à l’intelligence. A toute époque les tentatives d’aller au-delà de sa condition posent l’homme en héros ou en lâche, prêt à se vendre, à agir en malhonnête, pour quelques avantages matériels. Faust « docet » vaut pour tous les autres. Dans notre cas c’est un grand savant un chirurgien, un honnête homme de science qui se fait l’illusion de pouvoir et de savoir intervenir sur la Nature. Non pas pour son avantage, mais pour la recherche. Il réussit la greffe des testicules et de l’hypophyse d’un homme mort sur un pauvre chien de bon caractère. L’intervention réussit avec succès, si bien que le cher animal commence à subir des changements physiques et à marcher en bipède, jusqu’à pouvoir parler. Alors commencent à surgir les difficultés bureaucratiques pour la régularisation du nouvel homme, lequel se révolte contre son bienfaiteur, « coupable » de ses difficultés. De façon tout-à-fait inattendue, en présence de chats l’homme-chien a une réaction d’animal, naturelle. Las des méfaits du « nouvel homme », le chirurgien l’opère à nouveau en le restituant à sa nature.
Teatro alla Scala – Der fliegende Holländer de R. Wagner. (Le vaisseau fantôme)
Cet opéra romantique en trois actes devait, selon le Compositeur, être exécuté en enchaînant les trois parties en une seule. C’est ainsi que Wagner l’avait conçu dans un premier temps. Le sujet du livret, du Compositeur lui- même, est tiré des Mémoires du seigneur de Schnabelewopski de H.Heine. Il s’agit de la légende du Hollandais volant tellement diffusée dans les pays nordiques. Elle serait de source hollandaise, ou anglaise ; parfois liée au folklore et à la superstition, cette histoire connait plusieurs versions. Une malédiction frappe le bateau condamné à naviguer pour l’éternité, à cause de la perversité du capitaine, qui aurait lancé un défi pour doubler coûte que coûte le Cap de Bonne Espérance, ou même se serait rendu coupable d’un crime à bord et aurait insulté Dieu. La vision d’un bateau fantôme se base sur un phénomène visuel dû à une illusion optique.
Teatro alla Scala – Nabucco – de G. Verdi
Au de-là des implications politiques que la tradition italienne a lié à cet opéra, comme symbole des mouvements « risorgimentali » (des mouvements insurrectionnels pour la conquête d’une nouvelle indépendance nationale), cet opéra appartient à la période juvénile de Verdi, à sa conquête d’ une affirmation définitive, à une voix « nouvelle » de l’art lyrique triomphant de la belle, vieille tradition du XVIII° siècle. La partition est riche en tranches mélodiques captivantes, en alternant avec des pages plus conventionnelles, moins intéressantes, d’une écoute plus « facile ». Les voix, le chant prennent le dessus dramatiquement, jusqu’à l’émotion extrême du chœur du troisième acte « Va pensiero ».